Une rupture, c’est quoi ?

Une rupture, qu’elle soit voulue ou non, décidée ou subie, est douloureuse.

On peut se séparer pour autant de raison qu’il existe de couples sur terre, mais lorsqu’on nous quitte, qu’on ne veut plus de nous, qu’on nous abandonne, qu’on nous rejette, la douleur est intense.

C’est d’abord un choc émotionnel très fort, comme un traumatisme, qu’on ressent partout. Imaginez-vous, du jour au lendemain, que tout change. Les attentes, les projets, les complicités, les petits gestes du quotidien bien rodés, la sensation rassurante de ne pas être seul(e), d’avoir quelqu’un avec qui partager ses journées. D’un coup, tout cela est remis en cause et le corps ne sait pas gérer ce stress, cette insécurité.

Il peut y avoir de l’incompréhension, et la possibilité de ressentir une distance anormale, une sorte d’anesthésie des émotions. Ou bien, au contraire, des émotions tellement fortes que le corps va être soumis à rude épreuve : espoirs, attentes, désespoirs, tristesses, refus d’accepter, tentatives de récupérer ce qui peut l’être… Nous sommes à l’affût du moindre indice qui irait dans un sens ou l’autre, hypersensibles et terriblement blessé(e)s.

Dans ces moments-là, on peut se raccrocher au moment présent pour apaiser un peu, adoucir les ressentis : là, maintenant, tout de suite, où suis-je ? comment vont mes cinq sens ? je respire, j’aide mon corps à se calmer, je le rassure.

Lorsqu’on vous quitte, c’est un peu comme si on vous balançait dans une rivière avec de forts courants, sans que vous n’ayez été prévenu(e) et que le seul moyen de vous en sortir est de vous laisser porter par le courant, et de bien être présent dans ce qui se passe en vous et autour de vous. D’abord, vous allez être mouillé(e), avoir froid, vouloir sortir à tout prix de cette eau qui vous agresse, vous n’avez pas eu le temps de vous préparer. Et vous appelez à l’aide, vous avez besoin d’être entendu(e).

 

Les personnes ressources : le meilleur atout dans la détresse

Il est important, pour vous aider à épancher tout ce que vous vivez à ce moment-là, de trouver une personne solide, de confiance, qui est prête à prendre du temps, parfois beaucoup de temps et peut-être même un peu de temps encore, pour vous écouter. Car vous pourriez avoir besoin de dire, redire et redire encore ce que vous avez vécu, comment vous l’avez vécu, comment vous auriez voulu le vivre, ou ne pas le vivre…et plus vous pourrez en parler, plus vous pourrez adoucir vos émotions, les apaiser.

Ces personnes-là sont ceux que l’on appelle les personnes ressources. Ce ne sont pas forcément des personnes proches de nous mais toujours suffisamment objectives pour ne pas s’impliquer directement dans la situation. Comme elles ne sont pas forcément concernées de loin ou de près dans ce que vous vivez, elles tiendront essentiellement le rôle de soutien. Bien sûr, l’idéal serait d’en avoir plusieurs pour ne pas les épuiser.

Également dans cette optique, et aussi parce que ce n’est pas toujours évident de trouver, dans votre entourage, une personne qui rassemblerait tous ces critères et qui aura suffisamment de temps à vous consacrer, beaucoup dans cette situation se tourneront vers une aide professionnelle qui peut permettre de ne pas se perdre dans les méandres du deuil et notamment d’aller plus vite.

 

Les différentes phases du deuil amoureux

Il existe, pour les relations amoureuses, les mêmes phases de deuil que pour un décès. Et ces phases, si l’on reprend l’image de la rivière, sont celles qui vont vous ballotter, de ressenti en ressenti, entre la colère, une tristesse immense, l’impossibilité d’y croire, l’envie d’essayer de reconstruire quand même « allez quoi, ça pourrait marcher, non, si on se donnait une chance ? ». Et de nouveau de la colère, de la tristesse, et un gros manque de confiance en soi. Pourquoi vous a-t-on quitté(e) ? n’êtes-vous pas dignes d’être aimé(e) ?

Lorsqu’on est comme ça, on a envie que ça s’arrête vite. Très vite. Ça fait bien trop mal. Les journées sont douloureuses. Le rivage, calme, où je pourrais me reposer enfin, où est-il ? Je veux à nouveau pouvoir me chauffer au soleil, sécher toutes ces larmes, écouter le doux clapotis des vagues…et enfin me reconstruire en douceur.

Il semblerait que plus on prend le temps de vivre les différentes phases du deuil amoureux, plus on sera solides dans notre reconstruction. Un peu comme une rééducation où l’on réapprendrait à marcher.

Alors, essayez d’accueillir au mieux ces moments de déni, de colère, de marchandage, de dépression et d’acceptation. Vivez-les, apprenez à les identifier, et lorsque vous en en identifier un, observez-le de près, si c’est de la tristesse, alors autorisez-vous à être triste. Si c’est de la colère, autorisez-vous à ressentir et exprimer de la colère. Et tout en les vivant, sachez qu’ils ne font que passer. Vous pourrez en ressentir plusieurs dans la même journée, ou un plus longtemps que les autres. Mais ils passeront, et ils passeront mieux si vous tentez de ne pas trop résister ou les éviter. Si vous vous laissez porter par le courant, il vous mènera vers la rive.

 

Que garder de chaque relation, même quand elle a pris fin ?

Il y aussi des moments où tous les défauts de l’autre se seront envolés et, alors vous idéaliserez votre ex conjoint(e). C’est vrai que vous avez vécu de beaux moments et ils méritent de rester dans votre mémoire. Il ne s’agit pas de tout jeter à la poubelle.

Lorsqu’une relation se termine, elle a et elle aura toujours existé.

D’ailleurs, toutes les relations doivent-elles se terminer un jour ? Comment vivre ces séparations ? Peut-on apprendre à vivre seul(e) ?

Qui peut garantir la durée d’une relation ? Lorsqu’on cherche à avoir absolument des acquis, à se rassurer sur l’aspect éternel d’une relation, alors c’est souvent qu’on cherche à combler un manque. Et ce manque ce n’est pas au conjoint ou à la conjointe de le combler. Un travail sur soi peut vraiment aider à avoir des attentes justes d’une relation, et à ne pas charger son compagnon ou sa compagne d’attentes impossibles à combler.

Dans l’idéal voici que qu’on pourrait dire :
Ce qui est beau et qui a une valeur inestimable dans une relation, c’est son aspect d’intemporalité. On ne sait pas si demain on sera encore ensemble, et chaque jour qui passe est un cadeau que l’on peut apprécier avec joie. Chaque conjoint peut formuler son choix, à ce jour, de continuer ou non la relation, et à chaque désir de continuer ensemble, alors les deux peuvent se réjouir. Mais nous sommes des êtres qui avons beaucoup de sensibilités à comprendre, de manques à combler, de besoins pour se rassurer, et toutes ces choses viennent se jouer dans les relations amoureuses. Alors il est très difficile de ne rien attendre et de ne pas vouloir contrôler la durée, l’issue d’une relation.

Et lorsque l’autre ne veut plus de la relation, alors, il faut composer avec toutes ces sensations aiguës et désagréables. Chaque séparation viendrait rouvrir les blessures des précédentes, et la douleur serait à chaque fois plus vive. Prenez le temps de panser vos blessures, accordez-leur votre attention.

La première relation est celle de l’enfant avec sa maman. Pour pouvoir pleinement développer son individualité et son indépendance, en toute confiance, l’enfant a besoin d’abord de vivre l’expérience fusionnelle avec sa maman. Et lorsqu’il se sentira vraiment aimé, lorsque tous ses besoins affectifs sont comblés, il peut alors tourner son regard vers le monde et même, seul, faire ses expériences. Les bébés africains, souvent portés sur le dos de leur maman en permanence lorsqu’elles effectuent leurs tâches quotidiennes, sont très tôt curieux du monde environnant, et peuvent explorer ce qui les entoure souvent plus tôt que les enfants des pays européens, habitués à ne pas être en permanence avec leur maman.

 

Comment gérer au mieux ce qui est en rapport avec la solitude ?

La première question est « Pouvez-vous vivre seul(e) ? ».

Sous la contrainte, oui, si personne ne veut de moi. Mais qu’est-ce que je ne donnerais pas pour partager mon quotidien avec quelqu’un ?

Ce serait super si j’arrivais, moi aussi, à me suffire à moi-même. En faisant un effort, en méditant, en apprenant à apprécier les petites choses que j’accomplis sans l’aide de personne, je peux reconstruire ma confiance en moi et je peux même apprécier de vivre seul(e).
Mais parfois il y a des gens pour qui la solitude prend trop de place chez eux et cache tout le reste. Et ces gens-là peuvent même se sentir coupables de ne pas y arriver. Soyez indulgents avec vous-mêmes, accueillez ce que vous considérez pour l’instant comme des failles, et prenez le temps d’apprendre à les connaitre, voyez comme elles peuvent devenir des forces positives, qui vous font toujours aller de l’avant.

Lorsque vous aurez laissé le courant vous poser, après tous ces tumultes, vous pourrez ressentir un début de paix, mieux voir les choses positives qui se profilent à l’horizon et vous pourrez aussi vous retourner sans crainte de souffrir pour vous féliciter du chemin accompli, des choses que vous aurez apprivoisées, apprises et qui font de vous une personne plus riche.
Vous pourrez même avoir envie de symboliser ça avec un changement visuel de décoration, de coiffure, et ainsi matérialiser votre nouveau ou nouvelle vous. Car oui, l’envie de changement est le signe que quelque chose a bougé, a évolué en vous et vous le ressentez, vous voulez tout simplement l’exprimer.

Beaucoup d’entre nous, pour marquer ce « j’avance, je vais de l’avant », décident de faire un voyage, sans doute pour se retrouver un peu car il y en a qui finissent par s’oublier quand ils sont dans une relation. Aller à la redécouverte de soi, prendre le temps de refaire connaissance avec cette personne que l’on avait un peu oubliée, mise de côté…
D’autres opèrent des changements physiques comme « une nouvelle tête », nouvelle coupe ou nouvelle couleur selon l’intensité de leur besoin de changement.
Les alternatives sont tellement différentes allant d’une personne à une autre mais est tout simplement le premier indice que l’on avance, et progresse dans le processus du deuil amoureux.

 

La dernière étape du deuil amoureux : la reconstruction

Comme après un échec professionnel, on va penser et repenser encore à nos erreurs, aux siennes, à ce que l’on aurait pu éviter, changer ou faire de manière différente… On va passer par toutes les phases que j’ai énoncées plus haut, on va se laisser porter par toutes ces émotions qui nous assaillent l’une après l’autre pour enfin finir par prendre de la hauteur et aller vers la reconstruction de soi.

Même si ce n’est pas forcément évident de voir la rédemption dans le fait de se retrouver seul(e), se retrouver avec soi est pourtant la meilleure façon et la plus belle opportunité de s’épanouir et se reconstruire.
L’être humain est en constant changement, évoluant à chaque étape de sa vie en devenant une meilleure version de ce qu’il est à chaque fois.

Après avoir vécu une relation relativement courte ou longue, se retrouver de nouveau à chercher ses repères, la confiance en soi, la joie de se consacrer à sa personne ne se font pas en un jour, et c’est normal. Mais avancer avec la perspective que l’on peut redevenir la personne que l’on était avant cette relation, voire une meilleure version encore est l’objectif à atteindre.

Une vérité en ce qui concerne les relations de couple, c’est que la finalité restera toujours la séparation, qu’elle soit une rupture ou la mort. Mais même en sachant cela, on aime, on donne, on espère et on s’y épanouie malgré tout.
Si on peut s’épanouir malgré cette vérité, c’est parce que la reconstruction n’est pas une option mais une certitude.

Alors, apprenez à vous saisir de chaque opportunité pour grandir, vous reconnecter avec vous-même, repartir à la découverte de la personne que vous êtes aujourd’hui et celle que vous aspirez à devenir : une personne forte, indépendante, radieuse, sûre d’elle, totalement épanouie et confiante en l’avenir… Les clés sont entre vos mains !

 

 

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