Au début de chaque histoire d’amour, il y a deux personnes qui ne veulent rien d’autre que d’apprendre à se connaitre et tout faire pour que cette histoire dure le plus longtemps possible. On se pose des questions, on passe du temps ensemble, on cogite en solitaire en repensant aux moments passés ensemble, on veut que le monde entier apprenne à connaitre la personne qui prend de plus en plus de place dans notre cœur.

Cependant, toutes les histoires d’amour ne sont pas merveilleuses du début à la fin. Et même si on n’en est pas à sa première histoire d’amour, à sa première rupture, il semble que le monde s’écroule, que plus rien ne fait sens. Bref, c’est la confusion totale et prendre une décision ressemble aux travaux d’Hercule.

Dans toute cette confusion et la gymnastique mentale que nous effectuons pour essayer d’y voir clair, on essaie parfois de se convaincre qu’il y a encore de bonnes raisons de rester. Si ces raisons n’étaient pas de bonnes raisons, quelles sont les questions qu’il faut se poser ?

 

J’ai peur d’être seul/e

Une vie de couple a de nombreuses facettes. L’une d’elles est le fait qu’on passe beaucoup moins de temps seul. Que ce soit lors des repas, des sorties cinéma ou même une présence silencieuse quand on lit un bon livre, le sentiment de solitude devient presque un élément banni de notre vie. Après quelques mois ou de nombreuses années de relation, on se fait vite à l’idée qu’il y aura une personne qui nous attend à la maison ou à qui on pourra raconter sa journée de travail.

Il est normal d’avoir peur de devoir affronter le sentiment de solitude. Les personnes extraverties y sont tout particulièrement sensibles. Cependant, la peur d’être seul ne peut pas être une raison suffisante pour rester en couple.

 

Ai-je peur d’être seul/e ?

Il est parfois difficile, voire impossible, de faire un diagnostic par un simple exercice mental. Si la peur de la solitude est ce qui vous pousse à rester avec votre partenaire, essayez de passer plus de temps avec d’autres personnes. Proposez un brunch à votre sœur. Allez en weekend avec un/e ami/e de longue date. Invitez un ami perdu de vue à prendre un verre. Si vous découvrez que votre équilibre ne dépend pas de votre partenaire, vous pourrez plus facilement prendre une décision objective au sujet de votre couple.

Pour les plus téméraires, il y a aussi le voyage en solitaire. Les questions financières peuvent très certainement être un frein, mais il n’est pas nécessaire de prévoir un tour du monde ! Un weekend, ou une semaine suffisent. Si vous pouvez vous permettre d’aller jusqu’à un autre continent, tant mieux ! Sinon, prenez un train, un TGV, un bus. Prenez le temps de voir les choses sans devoir partager immédiatement votre opinion et sans devoir entendre l’opinion de quelqu’un d’autre. Laissez le temps et le silence à votre esprit de s’aventurer sans le bruit de fond d’une conversation ou du besoin de prendre quelqu’un d’autre en considération. Vous découvrirez peut-être que la solitude n’est pas un monstre à trois têtes ; que la solitude, ça peut aussi permettre d’avoir une relation avec soi-même.

 

J’ai peur de ne plus avoir de relations amoureuses

Et si plus jamais personne ne m’aimait ? Et si cette relation n’a pas marché parce que j’ai un problème ? Et si c’était ma seule chance d’avoir une vie de couple, une vie de famille ? Et si… Et si… La liste des questions de cette veine est quasi interminable. Si vous vous êtes déjà retrouvé dans cette situation, il y a fort à parier qu’un ami ou un membre de votre famille vous aura dit d’un ton quasi maternel « Mais non… Regarde untel, qui a divorcé il y a 3 ans et est maintenant fiancé » ou encore « Tu as encore toute la vie devant toi, tu trouveras quelqu’un. Il n’y a pas de raison que quelqu’un d’aussi [liste de vos qualités] que toi ne trouve pas quelqu’un qui réalisera quel trésor tu es ! »

Il y a aussi fort à parier que ces arguments ne vous ont absolument pas convaincus. Après tout, vous n’êtes pas « untel ». Vous n’êtes pas la seule avec telle ou telle liste de qualités. Vous sentez que votre histoire et votre situation sont uniques. Et vous avez raison ! Vous êtes unique !

 

Quelles sont les vraies questions que je devrais me poser ?

La vraie question est : quelle personne suis-je hors d’une relation ? Souvent, la peur de ne pas être aimé vient du fait qu’on ne s’aime pas soi-même. Apprenez à apprécier la personne que vous êtes sans embellir les choses, mais sans non plus noircir le tableau. Vous réaliserez vite que lorsque l’on s’aime, on sait qu’une autre personne peut nous aimer.

Vous vous dites peut-être que vous ne retrouverez jamais « quelqu’un d’aussi bien ». Si votre relation actuelle bat de l’aille, il y de grandes chances que ce que vous considérez être quelqu’un de bien ne vous convient pas ou que la mayonnaise n’a pas pris. Ouvrez-vous à de nouvelles perspectives. Effacez l’image mentale du/de la partenaire idéal/e. Ouvrez-vous aux possibilités qui s’offrent à vous.

 

Mais, nous avons passé de si bons moments il y a quelques jours

On pense souvent qu’une relation vouée à l’échec est faite au quotidien de moments de colère, de disputes, de déceptions, de souffrance. En vérité, les couples qui rencontrent de graves difficultés connaissent aussi des moments de paix, de passion et même de complicité. Quand les circonstances sont propices, les sentiments qui remplissaient vos journées au début de votre histoire peuvent refaire surface. Que ce soit lors d’un anniversaire, un weekend en amoureux pour tenter de recoller les morceaux, le mariage d’un ami ou quelques jours de trêve, on peut avoir l’impression que les choses vont mieux.

C’est comme faire la différence entre le temps et le climat. En général, la température de la Terre se réchauffe. C’est une tendance globale qui continue depuis des années. Pourtant cet hiver, on a enregistré des records de températures négatives à divers endroits de la planète. Le froid ne veut pas dire que le réchauffement climatique n’existe pas. Un bon weekend ne veut pas dire que la relation est saine et qu’il faudrait rester avec cette personne. Surtout si toutes les autres indications montrent que la tendance générale n’a pas changé.

Il se peut aussi que votre partenaire ne veut pas mettre fin à votre couple et qu’il ou elle fait des efforts particuliers pour vous retenir. La peur de perdre un être cher peut pousser quelqu’un à faire des compromis (souvent provisoires) ou à se montrer sous son meilleur jour. Il est difficile de discerner si votre couple va mieux parce que votre relation a passé une étape difficile et en est ressortie plus forte ou si le sentiment de bien-être provient uniquement des actes dictés par la peur de perdre son conjoint.

 

Mon couple va vraiment mieux ou c’est passager ?

La réponse est simple : le quotidien. Comment vous sentez-vous au quotidien ? Est-ce que les émotions que vous avez ressenties lors de ce moment spécial sont restées. Évaluez votre niveau d’anxiété au jour le jour. Les choses ont-elles repris le même cours qu’avant ? Vous retrouvez-vous à vous poser les mêmes questions de nouveau ? Dans ce cas, les choses n’ont pas vraiment changé. Ce que vous avez vécu, aussi beau, serein, passionné ou fort qu’il l’ait été, n’est peut-être pas indicatif de la réalité de votre couple.

 

J’ai peur de ce qui arrivera à mon/ma partenaire si je le/la quitte

Votre partenaire est peut-être financièrement ou émotionnellement dépendant de vous. Il ou elle traverse peut-être une phase difficile de sa vie, peut-être même que cette personne souffre de dépression. Il est aussi possible que votre partenaire n’a pas d’emploi ou devra se trouver un autre logement en cas de séparation. Il y a diverses raisons qui peuvent faire que vous vous inquiétez du sort de votre partenaire en cas de rupture.

C’est tout à fait louable d’être capable de faire preuve d’empathie pour une personne qu’on n’aime plus. Pour une personne qui nous a peut-être même blessé. N’oubliez pas cependant qu’il y a une autre personne qui mérite votre dévouement : vous-même. Chaque relation nécessite des compromis et des choix parfois difficiles. Mais se sacrifier pour l’autre quand l’amour n’existe plus n’est pas la voie qui vous mènera au bonheur.

 

La solution c’est l’égoïsme ?

Si votre nature est empathique, compréhensive, compatissante, vous ne pourrez pas changer la personne que vous êtes. Et vous ne devriez pas le faire ! Demandez-vous néanmoins si vous aidez réellement cette personne sur le long terme en lui permettant de dépendre de vous. Si vous n’êtes pas faits pour rester ensemble, vous laissez vos préoccupations vous empêcher de vous libérer d’une relation stérile et de trouver le véritable amour. Vous empêchez aussi cette personne de pouvoir trouver la personne qui lui convient. Vous l’empêchez peut-être même d’être forcé de trouver les ressources qui lui permettraient de ne plus dépendre de qui que ce soit.

Il est clair que la théorie est plus simple que la pratique, il existe des centaines de configurations qui font qu’il est plus ou moins facile de mettre fin à une relation. Avec le bon état d’esprit et un objectif clair, il est possible de trouver une issue.

 

J’ai peur de regretter ma décision plus tard

Quand on affronte des difficultés dans son couple, il est normal de se laisser porter par une vague de pessimisme. Vous doutez de vous. Vous vous raccrochez aux bons moments pour éviter de penser à tout ce qui ne va pas. Vous ne faites plus confiance à votre intuition. Vous vous laissez guider par vos peurs. Bref, tout s’emmêle et vous êtes immobilisé par l’angoisse de faire le mauvais choix.

Il est difficile de s’extraire d’une situation si on sent que même une partie infime de nos besoins sont comblés. Avez-vous remis la responsabilité de votre bonheur entre les mains de votre partenaire ? S’agit-il d’amour ou de dépendance affective ? Il est possible que votre peur de la séparation, votre angoisse de regretter cette décision dans 2 ou 5 ans, vient du fait que vous êtes « accro » à ce que votre partenaire vous procure sur un plan affectif. Tout comme les autres dépendances, pour sortir de la dépendance affective, il faut faire un travail sur soi-même pour comprendre la source de « ce trou en nous que nous voulons combler ». Il n’est pas sain de rester avec une personne uniquement pour que cette personne tente de remplir ce vide en nous. Votre partenaire ne pourra jamais, peu importe ses efforts, remonter à la source de votre mal-être et vous aider à aller mieux en encourageant votre dépendance. Il est possible que votre peur de l’avenir soit en fait la peur du sevrage et la peur de ne pas être assez fort/e pour passer cette étape sans retomber dans ses vieilles habitudes et se libérer de sa dépendance.

S’il y a bien quelque chose qui est sûr, c’est que personne ne sait de quoi demain sera fait. Vous savez cependant à cent pour cent de quoi votre quotidien est fait aujourd’hui. Si vous devez porter le poids de votre souffrance ; si vous devez aujourd’hui vous lever avec les sentiments négatifs qui vous pèsent ; si vous devez ce soir vous coucher le cœur lourd, ne pensez pas aux regrets que vous pourriez avoir dans un futur lointain et incertain. Concentrez-vous sur le fait que vous devez vous libérer afin de retrouver le bien-être aujourd’hui et maintenant. Si pour atteindre le bonheur, il vous fait mettre fin à votre couple, c’est peut-être pour vous, aujourd’hui, la meilleure façon de vous respecter.

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