Lorsque vous posez vos premiers pas dans une nouvelle relation, difficile de distinguer clairement ce qui relève d’un ensemble de fantasmes et de faux-désirs forgés dans vos zones inconscientes ou d’un véritable et solide appel du cœur. Les quantités d’émotions et de sentiments qui vous traversent alors vous plongent dans l’instant avec une intensité qui n’autorise aucune prise de distance. On le vit, c’est tout. Lorsque cette folie douce s’estompe, les deux amoureux retrouvent le fonctionnement naturel de leurs sens et peuvent enfin s’interroger « à froid ». Est-ce là quelqu’un qui me correspond profondément ou suis-je en train de projeter mes manques, mes espoirs et mes fantasmes ? Cette période de questionnements et d’introspection est capitale. A travers ce « coup de foudre » votre animalité s’est exprimée, il est dorénavant l’heure de vous demander sincèrement si vous êtes en accord avec cette nouvelle relation.

 

Douces excursions dans votre inconscient

Plusieurs points simples et précis peuvent vous aider à dénouer l’appel du cœur d’une pulsion inconsciente régie par votre passé, vos blessures ou toute autre construction mentale. Il s’agit d’une certaine manière de vous poser les bonnes questions. Pour ne plus être le jouet de mécanismes qui vous dépassent, il est important d’opérer d’amicales excursions dans votre inconscient pour en comprendre les ressorts et ce que ceux-ci provoquent dans votre relation à l’amour.

Vous plongez alors tête baissée dans ce que certains nomment « Le Moi profond » ou « Le Moi supérieur ». On a tendance à considérer l’inconscient comme une masse étrangère et mystérieuse qui ne pourrait être appréhendée qu’avec l’aide soutenue d’un professionnel. En réalité, même si vous aurez infiniment besoin de miroirs pour en éclairer certains recoins (par miroirs, j’entends la relation, et l’évolution de la relation, que vous avez avec votre famille, vos amis, votre conjoint, votre thérapeute…) vous êtes la seule personne au monde qui puisse véritablement comprendre ce qui s’agite en vous. Ici, la base d’un travail sérieux s’échafaude autour de sentiments simples : L’honnêteté et l’humour. Il vous faudra d’abord construire une relation de parfaite honnêteté avec vous-même et y insuffler une bonne dose d’humour afin d’accepter de voir ce dont l’inconscient vous a caché pour mieux vous en préserver.

Voici pour la théorie. Passons à la pratique. Vous trouverez ici des indications qui, si vous les suivez, vous mèneront dans des zones inconscientes au sein desquelles s’expriment ce que vous pensez profondément de l’amour et de l’homme ou de la femme qu’il vous faut (mais cela marche également avec tous les aspects de votre vie). Après la lecture de cet article, il ne tiendra plus qu’à vous d’amorcer un mouvement de transparence avec vous-même et d’accepter avec toute la tendresse dont vous êtes capable votre situation présente afin de pouvoir la transcender, ou la faire évoluer, dans une direction qui vous correspond vraiment.

 

Comment l’amour et la relation charnelle sont-ils vécus et perçus dans votre famille ?

Nous commençons ici par la base : L’enfance, et toutes les constructions inconscientes dont vous vous êtes imprégnées. Il s’agit ici d’éducation, mais de façon bien plus importante et cruciale, de tous les non-dits régnant dans votre sphère familiale. L’enfant porte bien moins d’importance à ce que ses parents lui disent qu’à ce qu’ils font. L’enfant observe les exemples dont il est entouré pour mieux les copier. Personne ne lui a appris à marcher, il l’a vu, il l’a fait.

Ainsi, tentez de vous rapprocher des sentiments et émotions que vous avez accolé il y a des dizaines d’années à l’idée : « Papa, maman et l’amour », « Papa et sa femme idéale », « Maman et son homme idéal ». Poussez le bouchon jusqu’à vous demander sincèrement ce qui selon vous correspond à l’homme ou la femme idéal que souhaiterait votre famille pour vous. Laissez-vous embarquer dans les émotions et souvenirs rafraîchis par votre volonté de sentir et de comprendre. Cette étape est en réalité une porte que vous venez d’ouvrir. Les souvenirs qui se réveilleront pourront s’étaler sur des semaines avant que vous ne cerniez les fondations du modèle de couple en cours dans votre famille, ainsi que comment l’un et l’autre fonctionnaient ensemble. Pas de précipitation donc, considérez que par votre simple intention de vous comprendre, vous venez de passer commande à votre inconscient.
Soyez certain qu’il y répondra, mais acceptez de n’avoir qu’un contrôle restreint sur la manière qu’il aura de vous emmener voir vos mécanismes obsolètes.

A la fin de chacune de ces étapes et questionnements, faites vibrer cette question ; faites-le avec force et conviction ; vous désirez profondément une réponse et il est exclu que vous ne l’obteniez pas : « Et moi, qu’est-ce que je veux véritablement pour moi ? » Au fil de cet article, cette question devrait faire tomber nombre de vos fantasmes et illusions à propos de votre propre conception de l’amour.

 

Quelles sont vos croyances profondes au sujet de l’Amour ?

Après la première étape, cette question devrait en partie avoir été traitée. Une grande partie de vos croyances dérivent de votre enfance, le reste s’est consolidé au cours de votre adolescence. A l’âge adulte, on ne fait finalement que répéter ce qu’on a compris (même ce que l’on a mal compris). On réaffirme et consolide nos idées au point qu’on finit par les confondre avec notre individualité. Il devient ainsi difficile de s’écarter de certaines croyances qui semblent soutenir tout le reste. Un entrepreneur à succès éprouvera une amertume certaine à réaliser que son projet n’avait d’autre objectif que d’exprimer à son père son manque d’attention. Changer d’avis ou de direction reviendrait pour lui à percevoir une part de sa personnalité comme une illusion. Ce qui, d’un certain point de vue est vrai (tout n’est qu’illusions et constructions, il s’agit de déterminer celles que vous souhaitez rendre réelles pour mieux les vivre). D’où l’utilité capitale de garder à portée de main ces deux outils précieux que sont l’humour et l’honnêteté et qui vous feront prendre une distance salutaire avec les vérités parfois amères dont l’inconscient regorge. Alors demandez-vous : « Qu’est-ce que l’amour pour moi », « Quelle est l’utilité d’une relation avec un homme/avec une femme ? », « Qu’est ce que je peux apporter dans un couple ? », « Qu’est-ce que j’attends d’une relation avec un homme/une femme ? ».

Si, par exemple, à cette dernière question vous répondez instinctivement : J’attends de la sécurité de cette relation ; continuez à remonter le fil : Pourquoi de la sécurité ? De quelle sécurité suis-je en train de parler ? Financière ? Physique ? Emotionnelle ? Comment cette sécurité peut elle se manifester pour moi ? Demandez-vous pourquoi vous sentez-vous fragile sur ce point précis et ce qui vous empêche d’y accéder seule, par vous-même. Imaginez l’homme idéal qui pourrait vous apporter ce dont vous avez besoin (sécurité, humour, patience, compréhension etc…) et voyez si c’est vraiment vers cet homme que vous vous sentez appelée. Peut-être allez-vous réaliser que c’est en fait le charme et la délicatesse que vous souhaitez en réalité vivre avec un homme.

Il s’agit de vous connecter à vos ressentis et non ce que vous pensez. Là où la pensée peut-être adoucie, tordue ou encore déviée pour correspondre à ce que vous avez envie d’entendre, le ressenti est brut, direct et sans concession. Le ressenti c’est ce que vous sentez, ne vous en déplaise.
L’objectif n’est pas de déshabiller vos croyances unes à unes pour en saisir l’origine. Le but est de garder celles qui vous correspondent vraiment et de transcender celles qui vous encombrent.

 

Vos relations amoureuses passées

Au fil des relations amoureuses que vous avez pu traverser, d’innombrables empreintes inconscientes se sont greffées à votre conception actuelle de ce que doit être votre couple pour vous rendre heureuse. Certaines de ces expériences se sont achevées dans l’amertume et vous laissent un gout de « plus jamais ». Le fait de mal avoir vécu une rupture peut facilement vous pousser à rejeter en bloc tout ce qui constituait cette union, et parfois même ce qui vous comblait. On a tendance, pour éloigner la douleur, l’humiliation, le manque etc… à vouloir brûler le passé pour ne plus en subir les douloureux relents. En faisant cela, on atténue la douleur pour un temps restreint mais on se prive également de la possibilité de savourer les bons moments, ainsi que de livrer les leçons qui nous permettront d’affiner notre conscience de ce que vous souhaitez véritablement vivre dans une relation. A chacun des souvenirs qui vous reviennent de vos relations passées, une charge émotive est accolée. Plutôt que de réagir et de penser à ces relations en tentant de dénouer le vrai du faux, de savoir qui est fautif ou victime ou plus simplement de chercher à décortiquer vos souvenirs pour être celui qui « a raison », je vous engage à abandonner ce fonctionnement.

Le sentiment d’avoir raison ne vous apportera ni joie, ni sortie de secours vous permettant d’échapper aux informations rattachées à ces expériences. C’est un jeu épuisant qui ne nous mène nulle part. Il est temps de vivre ces émotions simplement, sans complexifier ou chercher à trop comprendre. Il s’agit ici de laisser les mémoires de vos relations passées délivrer leurs messages. Ce message prend la forme d’une émotion, généralement accompagnée d’images fortes du passé et vous n’aurez d’autre choix, un jour ou l’autre, de l’entendre et le vivre, sous peine de porter quotidiennement sur le cœur un sentiment d’oppression. De la colère, de l’impuissance, un sentiment de trahison, un manque incurable… Votre corps emmagasine une foule de charges émotionnelles qui vous alourdissent et obstruent votre clarté d’esprit. Si l’on préfère fuir ces émotions plutôt que d’accepter de les vivre pendant 5, 10 ou 15 minutes et laisser à une autre émotion l’occasion de s’exprimer, c’est que ces instants vous changent en profondeur, mais également car on craint de voir nos certitudes s’écrouler. Chaque émotion vécue élargie vos perceptions ou votre conscience de la réalité. Le corps est une boite aux lettres dans lequel l’inconscient ne cesse de vous laisser des messages, des pistes de compréhension, afin que vous saisissiez ce qui se joue dans les coulisses de votre vie.

Lorsque vous pouvez consacrer un peu de temps à la personne que vous êtes, laissez votre esprit divaguer sur vos relations passées. Ne cherchez pas à saisir quoi que ce soit, laissez les charges émotives vous frapper, vous bercer, vous montrer et disparaître. Le vertige vient du fait que l’émotion vous prend véritablement corps et âmes. Dit autrement, elle vous mouille en entier et il n’est pas question de résister ou d’atténuer en cherchant à vous mettre à distance. Il ne s’agit pas d’une visualisation surfaite et poussive mais d’une véritable plongée dans l’intensité de mémoires qui demandent à être vécues pour pouvoir passer à autre chose. La magie de cette acceptation provient notamment de la rapidité avec laquelle elle opère. Au cœur de l’émotion, vous pourrez-vous dire que cette peine est trop grande pour être acceptée, que jamais elle ne vous quittera. Pourtant, l’instant d’après, l’émotion étant vécue, votre esprit flâne vers des sujets légers et la mémoire qui vous obsédait n’a plus du tout le même impact sur vous. L’émotion pourra revenir demain, dans une semaine, dans un mois, sous une forme différente, avec une teinte nouvelle et singulière. Mais l’ayant déjà expérimenté, vous savez désormais qu’il n’y a qu’à vous laisser traverser corps et âme pour que la douleur de l’instant soit transcendée. Le bénéfice secondaire réside également dans la clarté d’esprit que ce fonctionnement va vous apporter dans divers domaines de votre vie.

 

Conscient et inconscient marchant main dans la main

Si l’inconscient est perçu en France comme un continent inconnu insufflant à notre vie des directions parfois illogiques et problématiques, il est considéré dans d’autres cultures comme étant le siège d’un moi supérieur, d’un Moi qui finalement n’est que Vous dans une dimension élargie. Jour après jour, émotion après émotion, vous grignotez la distance qui vous sépare de ce moi supérieur. En acceptant de voir, de vivre, et d’assimiler de nouvelles parts de votre personnalité, votre conscience s’étend, tandis que vos zones inconscientes diminuent. Ceux qui pratiquent la méditation ont déjà pu toucher du doigt la magie qui s’opère lorsque l’on laisse son corps et son esprit reposer dans le calme et le silence. Un espace est ouvert et l’inconscient peut s’y exprimer plus librement. De nouvelles idées vous viennent, votre angle de vue à propos de sujets qui vous occupent se muent rapidement pour aboutir à une prise de distance et l’arrivée de solutions. Vous pouvez tout aussi bien lancer un thème dans votre esprit en le visualisant et laisser de l’espace pour que de nouvelles façons de l’appréhender remontent à votre conscience. C’est notamment ici ce que je vous conseille de faire à propos de votre relation amoureuse actuelle ou de celle que vous souhaitez vivre.

Cette façon de contacter l’inconscient par la méditation fonctionne également, et souvent de façon bien plus spectaculaire, par la marche. Ce que l’on appelle la méditation active et est un moyen simple et diablement efficace d’élargir la conscience que vous avez sur votre vie. La marche synchronise les deux hémisphères de votre cerveau : Celui dédié à la perception de l’espace, à l’intelligence globale, l’intuition, le sens artistique, l’imagination, et celui qui s’occupe plus généralement de la perception du temps, de la pensée analytique, du langage, du calcul etc… Ce constat poussera de grands philosophes tels que Nietzsche à affirmer : « Seules les pensées qu’on a en marchant valent quelque-chose »

J’ajoute que la marche, de par son aspect répétitif, berce votre esprit et le plonge dans un état de douce hypnose qui, une fois encore, laisse tout loisir à votre inconscient d’exprimer ses messages les plus urgents. J’entends par « les plus urgents » ceux qui s’opposent actuellement à la réalisation d’un désir profond, qu’il soit d’ordre amoureux, professionnel, familial mais toujours relationnel.

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